L'idée de la technique ancienne dite "mixte" est d'alterner le travail des lumières par l'utilisation du blanc broyé à l'émulsion, et le travail des ombres avec la pose de fin glacis au médium.
On va donc peindre par couches successives et superposées de glacis et de "blancs" : Au moment de la couche à l'émulsion, il ne faut pas hésiter à forcer la pose des couleurs claires car elles vont être "éteintes" par des glacis.
N'oublions pas que les peintres anciens n'éclairaient pas leur ateliers avec des halogènes ! Essayer donc de baisser votre éclairage pendant que vous peignez : vous pousserez forcément vos blancs sur la toiles... "pour y voir plus clair" !
La sensation la plus délicate est certainement le passage du glacis au blanc : Si on a l'impression de détruire les formes modelées à la phase du médium par la pose des "blancs" (blanc ne voulant pas dire clair), on sait que l'on va pouvoir moduler les contrastes encore une fois à la phase suivante, avec des glacis plus ou moins denses en pigments.
C'est un jeu d'alternance dans lequel on pousse à chaque fois un peu plus les "rendus".
Garder confiance : à chaque étape, on trouble les couches qu'on a posé la fois
d'avant en posant dessus une couche plus ou moins couvrante. Mais c'est au profit de la couche d'après !
Etre patient : le rendu délicat des peaux, la profondeur des ombres, l'éclat des lumières s'obtiennent après plusieurs séances pendant lesquelles nous aurons multiplié les
couches. Puisque nous jouons avec la transparence de l'huile, plus les couches sous jacentes sont riches en texture et nourries de différents pigments, plus notre couche finale vibrera
d'effets !
Atelier avec Bernadette Broussal
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